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Et si on faisait tourner notre kaléidoscope ?

09/27/2019

 

Ce texte est petite réflexion que j’ai partagé lors de l’ouverture de ACTE | Festival de la collaboration 2019. Et parce que je crois qu’elle a eu de l’écho auprès des participants, je vous la partage ici, dans ce billet d’humeur.

L’histoire commence alors que je suis au Musée des enfants à Gatineau, lequel je suis allée avec ma fille cet été. Au Musée, il y avait une salle nommée Kaléidoscope, une salle avec des blocs en mousse de toutes sortes de formes, lesquels on pouvait déplacer pour concevoir une forme qui nous plaisait. Je me souviens m’être assise dans la pièce, alors que ma fille s’affairait à sa création, et d’avoir laissé aller mon imagination vagabonder autour du mot kaléidoscope. À ce moment, rien de bien intéressant n’est ressorti de ma réflexion.

 

Deux jours plus tard, je tombe par hasard sur un article du magazine PhiloMag où il y a une entrevue avec Eva Illouz (sociologue) dans lequel elle partageait ceci :

 

« J’adore les kaléidoscopes parce qu’il suffit d’un tout petit mouvement pour qu’apparaisse une image différente. Penser, pour moi, consiste à donner ces petits mouvements pour déplacer les certitudes, pour voir de nouvelles images. À chaque fois que je change de pays, je modifie mon kaléidoscope intérieur. » 

 

Cette petite phrase a ouvert deux portes dans mon esprit ;

 

La première… mais pourquoi, alors que ça doit faire 10 ans que je n’ai pas entendu ou lu le mot kaléidoscope, qu’en seulement 2 jours il me tombe sous le nez à 2 reprises ? Et pourquoi je retrouve un kaléidoscope dans ma bibliothèque de salon alors qu’il est là depuis longtemps, que je ne le voyais plus, que je l'avais oublié ?  Ce fut la première porte ouverte par mon esprit vagabond !

 

La deuxième porte s’est ouverte à la lecture de cette phrase « Penser, pour moi, consiste à donner ces petits mouvements pour déplacer les certitudes, pour voir de nouvelles images. » Je me suis demandé « qu’est-ce qui pour moi, consiste à donner ces petits mouvements qui permettent de déplacer les certitudes ? »

 

Et là, j’ai pensé à ACTE | Festival de la collaboration, son intention, sa raison d’être. Créer le mouvement, Apprendre, Collaborer, Transformer, Entreprendre. (ACTE, c’est le festival de la collaboration que l’équipe L’ILOT a créé en 2018. Tu peux découvrir le festival ici : www.actefestival.com)

 

Dans son petit traité intitulé Des hommes couvert de nuages, Miguel Aubuy nous fait redécouvrir le mot « découvrir ».

 

DÉ-COUVRIR : dévoiler ce qui est couvert.

 

Cette nouvelle perspective du mot dé-couvrir m’a ouvert tout un champ de vision auquel je n’avais pas encore eu accès jusqu’à maintenant.

 

Si pour innover, pour transformer nous devons dé-couvrir, nous ne devons pas chercher quelque chose qui n’existe pas, puisque tout est déjà en place.  Tout est déjà en place, mais couvert par notre filtre, notre propre brouillard, celui qui s’est installé au fil des années à travers nos apprentissages et nos expériences.

 

« L'histoire a beau prétendre nous raconter toujours du nouveau, elle est comme le kaléidoscope : chaque tour nous présente une configuration nouvelle, et cependant ce sont, à dire vrai, les mêmes éléments qui passent toujours sous nos yeux. » - source inconnue

 

Si tout est déjà en place, c’est donc la structure ou la configuration des éléments qui se dévoilent à nous… et très certainement influencé par notre vision et notre compréhension du monde.  Nous voyons cette forme sous l’influence de comment nous avons été construit, de qui nous sommes aujourd’hui.

Nous voyons le système d’éducation tel qu’il est, dans sa forme actuelle, dans sa structure actuelle… parce que notre expérience éducative, celle de notre enfance, nous le fait voir de cette manière.

 

Nous voyons notre système économique dans sa forme actuelle, dans sa structure actuelle… parce que notre relation au monde en tant que consommateur nous le fait voir sous cet angle.

 

Nous voyons les modèles de gestion de nos organisations sous leur forme et leur structure actuelle… parce que nous évoluons à l’intérieur de celle-ci depuis toujours, nous avons appris que c’est comme ça qu’elles étaient, que c’était leur forme, leur structure.

 

Et s’il se trouvait que nous pouvions former une nouvelle structure ?

 

Et s’il se trouvait que nous pouvions former de nouvelles structures éducatives, économiques, organisationnelles, sociales ?

 

«…pareille aux kaléidoscopes qui tournent de temps en temps, la société place successivement de façon différente des éléments qu’on avait cru immuables et compose une autre figure » - Marcel Proust

 

Si l’on croit les choses immuables, rappelons-nous qu’elles sont couvertes de nuages, de nos nuages. Et que de ces choses que l’on croit immuables nous avons quelque chose à dé-couvrir.

 

Le changement d'une forme en une autre, la transformation, nécessite un mouvement, un déplacement.  C’est l’action d’entreprendre qui génère le changement de forme.

 

Entreprendre avec intention ! Créer du mouvement en observant les effets. Si nous agissons en regardant avec conscience et attention, on finit par percevoir ce changement, cette nouvelle forme et elle devient plus familière à nos yeux, plus accessible… Et elle finit par exister, dans son entièreté, sans nuage ni brouillard.

 

C’est vrai pour le monde autour de nous. C’est vrai aussi pour notre monde intérieur.

 

En cours de réflexion, je me suis noté trois petites phrases à moi-même pour me rappeler l’importance de dé-couvrir :

 

  • Accepte que ce que tu vois, ce n’est pas le tout… que beaucoup de choses restent encore couvertes et, par conséquent, restent à découvrir.

  • Stimule ta curiosité… cherche à voir ce que tu ne vois pas en tentant de voir ce que les autres voient. Et peut-être même arriveras-tu à voir quelque chose que personne ne voit.

  • Crée du mouvement… bouge, entreprend pour provoquer le changement de forme et éviter de rester cloisonné dans des paradigmes immuables, sous les nuages et le brouillard.

 

Pour moi, ACTE | Festival de la collaboration, c’est notre kaléidoscope collectif, celui qui peut nous faire dé-couvrir ensemble. C’est un moment pour provoquer le mouvement ensemble. Un point de départ d’actes individuels et collectifs qui peuvent « changer la forme », les formes.  Qui peuvent transformer nos collectivités, nos territoires, nos organisations. 

 

Je nous invite donc tout un chacun à faire tourner votre kaléidoscope intérieur et à prendre ACTE ensemble pour faire tourner notre kaléidoscope collectif !

 

- Sonia

 

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