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Mes collègues, une source infinie d’apprentissage

07/11/2017

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu soif d’apprendre.

 

Et là, quand je dis « apprendre », je ne veux pas dire « acquérir de nouvelles connaissances », mais plutôt « développer les habiletés à actualiser ce à quoi j’aspire »… Et à quoi j’aspire?

 

 

(Je tente ici une réponse)

 

J’aspire à… vivre une aventure professionnelle qui permet de libérer ma créativité, ma fougue et mon humanité… à créer autour de moi des espaces sécuritaires où essayer, expérimenter et me tromper sont des vecteurs de développement et de transformations… j’aspire aussi à entreprendre des projets collectifs qui me permettent de collaborer avec des individus investis de cette même soif d’apprentissage… 

 

(Bon, j’aspire à beaucoup d’autres choses… mais je me limite ici à l’essentiel pour ce texte)

 

Tout dernièrement, ma collègue Marilyn a publié un billet d’humeur qui m’a permis de faire des apprentissages essentiels à la poursuite de mes aspirations… Je vous partage ici les réflexions que j’ai eues au fil des lectures de son texte… Ben oui, j’ai lu et relu son texte, parce qu’à chacune de mes lectures, je découvrais de nouvelles facettes de la réflexion de Marilyn qui me confrontaient à mes modèles mentaux, mes a priori, mes préjugés tout en me faisant découvrir ou redécouvrir des convictions profondes liées à mes aspirations.

 

1ere lecture – L’ouverture

 

À ma première lecture, je lis avec légèreté… Je suis touchée par le courage de Marilyn d’oser dévoiler sa vulnérabilité, de partager ses réflexions et d’offrir « aux Internets » un peu de L’ILOT.  Je suis aussi heureuse de constater que l’entreprise collective que nous avons créée ensemble offre cet espace de partage d’expériences et, je l’espère, d’inspiration pour d’autres.  Finalement, je suis admirative du cheminement réflexif qu’elle a fait et je me sens privilégiée d’être sa collègue.

 

2e lecture – La remise en question

 

À ma 2e lecture, je prends soin de lire tous les mots… Et là, je constate que, dans le fil de discussion, par mes interventions, mes commentaires et mes questions, j’ai provoqué un « trouble » chez ma collègue.  Je me sens tout à coup « responsable » du malaise que ma collègue a vécu et ma réaction naturelle fût… la défense.  J’ai pensé en moi-même : ce n’est pas ce que j’ai voulu provoquer, mon propos et mes questions n’avaient pas pour but de troubler… Que dois-je faire ? Dois-je me justifier auprès de ma collègue ? A-t-elle besoin que je me justifie ? Ai-je besoin de clarifier la situation ? Et si je ne clarifie rien, est-ce que par ma « non-justification » je vais provoquer autre chose ? …

 

3e lecture – Le lâchez prise

 

Je fais donc une 3e lecture en étant plus attentive au « message » que ce texte porte.  En fait, ce texte n’a rien à voir avec ce que j’ai pu dire ou comment j’aurais pu le dire… Ce texte n’a rien à voir avec moi, il a tout à voir avec elle.  Ce texte nous parle des modèles mentaux de Marilyn et de ses a priori. Par ce texte elle se dévoile comme individu et, avec une délicate attention, elle me permet de tourner le miroir vers moi pour me confronter doucement à mes propres modèles mentaux.  Je comprends maintenant que je n’ai rien à justifier, que ma collègue ne m’invite pas dans une « discussion » mais plutôt dans un « dialogue ».  Je me sens déjà mieux.

 

4e lecture – L’entrée dans le dialogue « silencieux »

 

Avant ma 4e lecture, je me replonge dans un livre que j’avais laissé de côté ces derniers temps : La 5e discipline : Levier des organisations apprenantes de Peter Senge. Je tombe sur le passage que je cherchais.  Je vous en résume ici mon interprétation.

 

Pour qu’une organisation soit apprenante, il est important que l’équipe utilise différents types de discours : la discussion et le dialogue. Il est toutefois important que l’équipe soit en mesure d’apprécier la distinction entre ces deux types de discours.

 

La « discussion » est de la même racine que « percussion », elle suggère donc un échange qui pourrait ressembler à une partie de ping-pong… et, dans ce type de jeu, l’objectif est de « gagner ».  La « discussion » peut donc être utile à une équipe de travail pour « challenger » des idées ou pousser plus loin des réflexions. 

 

Le « dialogue » quant à lui provient du grec « dialogos » formé à partir de 2 éléments : « dia » qui signifie « à travers, entre » et « logos » qui signifie « la parole, le discours ».  Le « dialogue » invite donc à une posture différente.  Il invite à découvrir ce qui se passe « entre le discours », à découvrir ce qui n’existe pas si on est seul, à découvrir ce qui ne peut exister que par le dialogue entre deux ou plusieurs personnes. Contrairement à la discussion, il faut donc aborder le dialogue en prenant compte de :

 

1) L’écoute profonde de ce que l’autre vous offre comme réflexion.  Cela peut nécessiter de « creuser » davantage la réflexion de votre interlocuteur, poser des questions ouvertes, l’aider à clarifier ou à nuancer ses propos, le guider vers le dévoilement de ses modèles mentaux.

 

2) L’écoute interne, pour identifier ce que la réflexion de l’autre génère en nous. Qu’est-ce que les propos et les réflexions de l’autre révèlent en moi ? Suis-je dans un mécanisme de défense ? Est-ce que cela touche ma vulnérabilité ? Lorsque je tourne le miroir vers moi-même, qu’est-ce que je découvre ?

 

3) La recherche de ce qui n’existait pas. En fait, le dialogue nécessite beaucoup plus d’écoute et de réflexion que de « joute de paroles ».  Il nécessite de prendre du temps de réflexion entre le discours des personnes investies dans ce dialogue.  Ces temps de réflexion entre des moments d’échange vont doucement faire émerger, faire lever le voile sur « ce qui n’existait pas ».

 

 

Donc, après m’être ressourcée auprès de Peter Senge, j’entame ma 4e lecture avec cette envie d’entrer dans ce « dialogue » que Marilyn me propose.  Accueillir son texte dans la « discussion » (comme il m’a effleuré l’esprit lors de la 2e lecture de son texte) aurait été le mauvais choix. Je plonge donc dans ce « dialogue silencieux ».

 

Au final, je retiens de cette réflexion qui m’habite encore :

 

Que dévoiler sa vulnérabilité invite les autres à retrouver la leur et à cultiver leur humanité, celle qui est trop souvent mise de côté dans nos vies professionnelles ;  

 

Que le « dialogue » doit prendre une plus grande place dans nos organisations et dans nos vies professionnelles (et dans nos vies personnelles) et que nous devons mettre en œuvre des moyens pour le faire vivre et le protéger ;

 

Que le « dialogue » est une « pratique », ainsi… il faut se « pratiquer » et créer des espaces sécuritaires pour le faire ;

 

Finalement, que le « dialogue » est une source d’apprentissage qui me nourrit et me fait me sentir bien !

 

Je suis remplie de gratitude envers le texte que nous a offert Marilyn !  Et ce qui est génial, c’est que ce texte est le premier… Il y en aura d’autres qui suivront… Et par conséquent, j’apprendrai encore et encore !

 

Guidé par mes aspirations et ma volonté d’apprentissage, j’ai cofondé L’ILOT avec Marilyn il y a un an. Nous sommes maintenant cinq membres dans l’équipe… Cinq collègues qui sont pour moi une source infinie d’apprentissage. 

 

Et je suis particulièrement fière et heureuse de constater que cette dernière année fût remplie de créativité, d’humanité, de collaborations chaleureuses, d’idées folles, de fous rire, d’expérimentation, d’erreurs, de vertiges… et surtout d’apprentissages au quotidien !

 

Merci équipe L’ILOT !

 

Sonia

 

 

 

 

 

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